Les pétales d’une marguerite,
un, deux, trois…quinze,
je les arrache un par un,
je m’abandonne à ce rite.
Oui, non… oui,
et au-delà de ces nombreux pétales
s’étalent,
les deux pyjamas jetés par terre,
les deux brosses à dent qui s’enlacent,
les deux trousseaux avec la même clé,
et un seul parapluie qui suffit sous la pluie.
Les pétales fragiles
gardent l’odeur pour nous.
Sur le lit,
ils reposent, tranquilles,
dorment,
et nous y invitent au plus vite.
Elle m’aime, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout… beaucoup.
Délaissés sur la couche,
comme un tapis rouge,
pour qu’on s’y couche,
pour qu’on s’y bouge.
Les seuls témoins de notre amour,
ils ne vont pas te gêner,
comme à la princesse au petit pois,
car nous serons unis sur le matelas le plus doux,
toi et moi
et tous ces pétales aux alentours.
Au fur et à mesure,
j’enlève sans trêve,
oui, non… oui,
tes vêtements et tes rêves,
la petite marguerite
n’est plus jalouse d’être seule effeuillée.
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